LE LITIGE SOREMI
En 2013, China National Gold Group (CNG) a acquis 65 % de la mine de cuivre SOREMI au Congo-Brazzaville. Les paiements de performance requis n'ont jamais été effectués. Malgré de multiples décisions arbitrales et judiciaires ordonnant la restitution des actions, CNG ne s'est pas conformé. Voici les faits documentés.
Ce site présente une chronologie factuelle et des documents judiciaires publics relatifs au litige minier SOREMI en République du Congo. Toutes les affirmations sont étayées par des décisions de justice, des pièces d’arbitrage et des rapports de presse vérifiables.
Résumé exécutif
En 2012-2013, China National Gold (CNG), une entreprise d'État de la République populaire de Chine, a signé un accord-cadre pour acheter 65 % de la mine de cuivre-zinc SOREMI au Congo-Brazzaville au vendeur, une société américaine. CNG a versé un acompte de 15 M$ et a pris le contrôle physique de la mine. Cependant, le tribunal arbitral HKIAC a constaté que CNG
Le litige a été soumis à un arbitrage international auprès du Centre d'arbitrage international de Hong Kong (HKIAC). Le tribunal arbitral a conclu que CNG n'avait pas rempli ses obligations contractuelles et a ordonné la revente des actions pour 86,32 M$. CNG a contesté ces décisions devant les tribunaux de Hong Kong, des BVI et d'autres juridictions — mais chaque contestation a été rejetée.
En février 2026, le litige a pris une dimension géopolitique. La Chargée d'affaires américaine Amanda Jacobson a déclaré que la résolution du litige SOREMI était la première priorité de l'ambassade, soulignant que "les contrats doivent être respectés." Parallèlement, CNG a écrit au gouvernement congolais pour avertir que l'exécution des sentences arbitrales pourrait affecter les investissements chinois au Congo.
Plusieurs dirigeants de CNG liés à l'affaire SOREMI ont été visés par la campagne anti-corruption chinoise : 6 cadres supérieurs ont été enquêtés, condamnés ou expulsés du Parti communiste, dont Tong Junhu — le négociateur principal de CNG pour l'accord SOREMI — détenu en mai 2025 et expulsé du PCC en novembre 2025. CNG a allégué que
Selon une évaluation indépendante, la valeur de la mine est estimée à environ 3 milliards de dollars, compte tenu des opérations d'exploitation existantes, des réserves prouvées de cuivre, zinc et plomb, et du potentiel des zones de licence MMS. Les documents financiers indiquent que CNG a généré environ
La chronologie critique
Les événements clés du litige minier SOREMI, de l'accord initial à la crise actuelle.
L'accord
CNG signe pour acheter 65 % de SOREMI. Ils versent 15 M$ d'avance et prennent le contrôle de la mine. Les paiements de performance restants ne seront jamais versés.
L'obstruction
CNG refuse l'accès aux livres comptables, bloque les audits, renouvelle des contrats sans autorisation et impose une politique de silence écrit. L'actionnaire minoritaire est systématiquement exclu de la gestion.
La sentence arbitrale
Le HKIAC statue entièrement en faveur du vendeur. CNG a violé ses obligations contractuelles. Ordre de revendre les actions pour 86,32 M$.
L'ordre du Premier Ministre
Le PM du Congo ordonne à CNG de quitter la mine et de remettre le contrôle, conformément aux décisions arbitrales.
La menace chinoise
CNG envoie une lettre au gouvernement congolais avertissant que l'exécution des sentences arbitrales pourrait affecter les investissements chinois au Congo — une menace économique à peine voilée.
Les États-Unis interviennent
La Chargée d'affaires américaine déclare que la récupération de la mine est la première priorité de l'ambassade et que "les contrats doivent être respectés."
Le 'Double Jeu' de CNG
Les documents révèlent que CNG a tenu des positions contradictoires devant les tribunaux et devant le gouvernement congolais.
Phase 1 : La contradiction
Devant le tribunal de Hong Kong, CNG affirme sous serment ne pas contrôler la mine. Le PM du Congo, prenant CNG au mot, ordonne à la direction locale de remettre le contrôle conformément aux décisions arbitrales.
Phase 2 : Le blocage
CNG barricade l'entrée de la mine, gare des véhicules sur l'héliport pour empêcher l'atterrissage d'une délégation ministérielle, et déploie des gardes. Le personnel chinois déclare qu'il ne partira pas sans les ordres de l'ambassadeur de Chine — contredisant directement leur témoignage sous serment.
Phase 3 : L'aveu
Les dirigeants de CNG se rendent à Brazzaville et admettent au PM qu'ils contrôlent effectivement la mine — contredisant leur témoignage sous serment à Hong Kong. Ils invoquent les relations sino-congolaises et avertissent de conséquences économiques si le Congo applique les décisions arbitrales.
Phase 4 : Le retournement
Après la visite de CNG, le PM revient sur sa position initiale. Il propose une nouvelle répartition : 46 % CNG, 28 % Vendeur, 26 % État — en contradiction avec les décisions arbitrales qui ordonnaient la revente complète des actions de CNG.
La purge anti-corruption de CNG
Six dirigeants de CNG liés à l'affaire SOREMI ont été visés par la campagne anti-corruption chinoise. Le tribunal de Hong Kong a qualifié les allégations de corruption de CNG de "hautement peu fiables" (février 2026).
Transfert de fonds : 142 M$ déplacés vers la Chine
$140MEn septembre 2023, après le rejet de sa contestation des sentences arbitrales, CNG a transféré environ 142 M$ des 6 comptes Bank of China de SIL à Paris vers un compte Exim Bank en Chine continentale. Le tribunal BVI a qualifié ces transferts de tentative de rendre les sentences arbitrales inexecutables et a ordonné le rapatriement des fonds. Bank of China Paris refuse toujours de fournir l'accès aux comptes aux administrateurs nommés par le tribunal.
Ce site présente des faits tirés de décisions judiciaires, de sentences arbitrales et de documents publics. CNG conteste ces conclusions et a exercé tous les recours juridiques disponibles. Les lecteurs sont invités à consulter les documents sources complets pour se forger leur propre opinion.
L'état de droit doit prévaloir
Neuf décisions arbitrales et judiciaires ont été rendues dans ce litige. CNG a contesté chaque décision, mais aucune de ses contestations n'a abouti. Les tribunaux ont ordonné la restitution des actions et le rapatriement des fonds. Ces décisions restent inexecutées.